Vivre en camping-car : budget et vente de vos affaires – Partie 2/3

Dans le premier article de cette série, nous avons exploré les motivations qui poussent à adopter la vie nomade en camping-car, l’importance de tester l’expérience avant de se lancer, les critères pour bien choisir son véhicule — neuf, récent ou ancien — et les questions essentielles à se poser lorsque l’on envisage de voyager seul(e) ou à plusieurs.
Il est maintenant temps d’aborder deux aspects très concrets du passage à la vie nomade : que faire de tout ce que vous possédez, et combien va vraiment vous coûter cette nouvelle vie ?
Que faire des affaires et meubles que vous ne pouvez pas emporter ?
Se séparer de ses affaires n’est pas toujours facile. Mais c’est une étape incontournable. Voici les différentes options qui s’offrent à vous.
Option 1 : stocker ses affaires
La solution du garde-meuble peut sembler rassurante dans l’optique d’un éventuel retour à la vie sédentaire. Mais les entreprises de stockage reviennent rapidement plus cher que la valeur réelle de vos biens. Et si les affaires sont mal entreposées, elles risquent de s’abîmer.
Peut-être un ami ou un membre de votre famille accepterait-il de stocker vos affaires gratuitement ? Mais réfléchissez-y bien : que se passe-t-il si cette personne déménage, ou si vos relations se dégradent ? Comment récupérerez-vous vos affaires ?
Et même dans le meilleur des cas, dites-vous d’emblée que vos meubles et affaires ont de fortes chances de valoir déjà peu à la revente — et encore moins avec le temps. Il suffit de regarder les petites annonces régulièrement pour s’en convaincre. Sans oublier les éventuels frais de location d’un camion ou d’un déménageur pour les récupérer le moment venu.
Option 2 : vendre sur les sites d’annonces et les groupes Facebook
C’est souvent la solution la plus rentable — à condition de s’y prendre suffisamment tôt. Un délai minimum de trois mois est conseillé. Si vous avez le choix, un an est idéal.
Pourquoi si tôt ? Parce qu’il est difficile de vendre une tondeuse en plein hiver ou un équipement de ski en plein été. La saisonnalité joue un rôle important.
Sachez aussi d’emblée que vous surestimez probablement la valeur de vos meubles et affaires — c’est normal, et c’est vrai pour tout le monde. La bonne nouvelle ? Si vous devez un jour revenir à la vie sédentaire, vous pourrez vous remeubler à très bon prix pour la même raison.
Bien préparer ses annonces
Avant de mettre quoi que ce soit en ligne, commencez par faire un tri en 4 catégories :
- Les objets dont vous pouvez vous débarrasser immédiatement, sans en avoir besoin avant le départ
- Les objets que vous emporterez dans le camping-car ou le fourgon
- Les objets dont vous aurez besoin jusqu’au départ mais pas après (un lit, un matelas…)
- Les objets sentimentaux ou personnels
Ensuite, soignez la présentation de vos annonces :
- Prenez plusieurs photos sous différents angles, avec une bonne luminosité. Si le produit s’ouvre, photographiez l’intérieur.
- Décrivez honnêtement l’objet : ses qualités, mais aussi ses défauts. Cela inspire confiance à l’acheteur.
- Précisez le lieu de retrait avec la ville et le département.
- Un objet vendu avec sa boîte d’origine et sa notice se vend toujours mieux.
- N’ayez pas d’a priori sur ce qui se vendra ou non : parfois, les objets que l’on pensait jeter partent en premier.
Gérer les acheteurs difficiles
La tâche est longue et parfois décourageante. Certains acheteurs posent un lapin, d’autres se désistent au dernier moment, d’autres encore demandent à baisser le prix alors qu’il est déjà au plus bas. Il faut un minimum de sang-froid et de persévérance.
Appliquez le principe du premier arrivé, premier servi. Quand un acheteur potentiel vous contacte pour savoir si l’objet est disponible, indiquez-lui directement où il peut le récupérer. Supprimez les annonces des produits vendus pour ne pas avoir à répondre à des demandes inutiles.
À noter : sur les groupes Facebook, marquer un objet comme « vendu » ne supprime pas l’annonce automatiquement.
Si vous refusez de baisser votre prix, dites-le clairement dès le départ — car une fois l’acheteur sur place, la négociation est fréquente.
Option 3 : les brocantes
Il y a forcément une brocante près de chez vous. Renseignez-vous sur les événements importants de votre région : il vaut mieux faire quelques kilomètres et bien vendre qu’attendre en vain à la brocante de quartier.
Option 4 : les boutiques d’achat en cash
Des enseignes comme Cash Express ou Affair’s peuvent dépanner, mais attendez-vous à des prix très bas. De plus, elles ne prennent pas tous les types de produits.
Que faire du reste ?
Donnez le plus possible à votre entourage. Pour le surplus :
- Des livres ? Une bibliothèque ou une école sera peut-être intéressée.
- Des jouets ? Une crèche ou des assistantes maternelles dans votre quartier.
- Du mobilier ou des objets en bon état ? Les communautés Emmaüs peuvent venir les récupérer directement.
- Tout le reste ? La déchèterie sera votre dernière alliée.
N’oubliez pas non plus la vente éventuelle de votre voiture. Si vous êtes pressé(e), des entreprises spécialisées dans l’achat de véhicules d’occasion vous éviteront les délais des annonces particulières.
Ce que l’on accumule au fil d’une vie sédentaire devient vite un frein au départ. Il faut être capable de faire le deuil de ce qui nous a entouré au quotidien. Les premières ventes seront peut-être pénibles — mais les suivantes vous libéreront petit à petit des attaches qui vous retiennent.
Combien coûte la vie en camping-car à plein temps ?
C’est certainement la question la plus fréquente. Mais elle est mal posée. La bonne question est plutôt : combien la vie en camping-car va-t-elle me coûter par rapport à ma vie sédentaire actuelle ?
Chacun a son niveau de vie, sa situation professionnelle et ses revenus propres. La première étape est donc de calculer avec précision vos charges fixes et variables actuelles. Les charges fixes sont relativement faciles à additionner (assurances, abonnements, prêts…) ; les charges variables demanderont un peu plus de temps et de rigueur.
Ce que vous ne paierez plus
Commençons par les bonnes nouvelles. Vivre en camping-car supprime de facto un certain nombre de taxes et d’abonnements que vous payez sans y penser. Avant même d’avoir consommé la moindre goutte d’eau ou le moindre kilowattheure, vous payez un abonnement à votre fournisseur d’eau et d’électricité. À cela s’ajoutent :
- La taxe sur la collecte et le traitement des eaux usées
- La taxe sur les ordures ménagères
- La taxe foncière (pour les propriétaires)
- L’assurance habitation
- L’assurance auto ou moto du véhicule sédentaire
- L’abonnement à internet fixe
- D’éventuels autres abonnements (alarme, surveillance…)
Prenez vos factures et listez tous ces montants : le total peut être significatif.
Ce que vous continuerez à payer
Les incontournables
Certaines charges ne disparaîtront pas pour autant :
- L’impôt sur le revenu, si vous êtes imposable
- La complémentaire santé — et n’oubliez pas de demander votre carte européenne d’assurance maladie, gratuite, qui vous permet d’être pris(e) en charge dans toute l’Europe
- L’assurance de votre camping-car ou fourgon
- Les mensualités de vos emprunts, si vous en avez
L’entretien du camping-car
Les révisions mécaniques seront logiquement plus fréquentes puisque vous roulerez davantage. À moins d’être bricoleur et un peu mécanicien, prévoyez un budget d’entretien plus élevé. Même si vous faites tout vous-même, n’oubliez pas les pièces d’usure : pneus, plaquettes de frein, etc. Un minimum d’outils sera dans tous les cas nécessaire.
Les équipements intérieurs — réfrigérateur, chauffe-eau — seront aussi beaucoup plus sollicités. Leur durée de vie en sera affectée.
L’assurance du camping-car
Statistiquement, rouler tous les jours avec son camping-car augmente les risques d’accident ou de vol. Même le meilleur conducteur ne contrôle pas le comportement des autres usagers. C’est le bon moment de vérifier si vous êtes correctement assuré(e), notamment en ce qui concerne le vol de vos effets personnels à l’intérieur du véhicule. Les objets de valeur sont couverts jusqu’à un montant variable selon votre contrat.
Ce que vous paierez et que vous ne payiez pas avant
La taxe sur les résidences mobiles
Si vous vivez à temps plein dans votre camping-car et que vous restez en France, vous devrez vous acquitter de la taxe sur les résidences mobiles terrestres, dont le montant est de 100 ou 150 euros selon l’âge de votre véhicule, avec des exonérations possibles selon votre situation. (Source : service-public.fr)
Les laveries automatiques
Faire sa propre lessive n’est pas pratique dans un camping-car. Il faudra donc prévoir des passages réguliers en laverie automatique. Une alternative consiste à profiter d’une halte en camping pour laver son linge — et en profiter pour recharger les batteries et appareils électriques.
Les services des bornes pour camping-cars
Toutes les bornes ne sont pas payantes, mais la gratuité se fait de plus en plus rare. Comptez en moyenne entre 2 et 4 euros pour remplir vos cuves. En hiver, de nombreuses bornes sont mises hors-gel : trouver de l’eau devient alors moins aisé. Prévoyez un arrosoir, un seau ou un jerrican au cas où.
Le carburant
Le budget carburant est loin d’être négligeable quand on vit en camping-car. Cela dit, vous n’êtes pas obligé(e) de parcourir de longues distances dans un temps imparti. Rien ne vous empêche de faire des « sauts de puce » et d’étaler vos dépenses de carburant dans le temps. L’avantage est que vous profiterez bien davantage de chaque région traversée, au lieu de la traverser en vitesse.
Conclusion : affaires et budget, deux étapes clés
Se séparer de ses affaires et comprendre l’impact financier réel de la vie nomade sont deux étapes décisives dans la préparation de votre départ. L’une libère l’espace mental et physique, l’autre sécurise votre projet sur la durée.
Mais il reste un dernier aspect pratique — et souvent négligé — à régler avant de prendre la route : la gestion de votre courrier, votre domiciliation postale et fiscale, et la réception de colis en itinérance. C’est précisément ce que nous allons voir dans le troisième et dernier article de cette série, qui se conclura par un dernier conseil avant de larguer les amarres.

